Marcellin Champagnat Fondateur de la Congrégation des Frères Maristes

Je suis né à Marlhes, le 20 mai 1789, année de la Révolution française. J’ai été baptisé le jour suivant, et toute ma vie j’ai célébré cet anniversaire, en remerciant Dieu pour le cadeau qu’il m’avait fait ce jour-là.

Mon père avait des responsabilités dans la commune. Ma mère était plus réservée, pieuse et infatigable au travail. Une tante religieuse, chassée de son couvent par la Révolution, vivait avec nous à la maison.

J’ai peu fréquenté l’école, j’ai travaillé à la ferme de mes parents avec mes frères et sœurs.

À 15 ans, après la visite d’un professeur du séminaire, je me suis senti appelé par Dieu à devenir prêtre. Quelque temps après, j’ai été admis au petit séminaire où j’ai dû travailler beaucoup pour rattraper mon retard dans les études. Mon papa est mort alors que je n’avais que 14 ans et ma mère est morte 6 ans plus tard.

À 23 ans, j’ai été admis au Grand Séminaire de Lyon pour la préparation directe au Sacerdoce. C’est là que j’ai fait partie d’un groupe dont les membres se sont engagés à fonder une Congrégation dédiée à la Sainte Vierge : la Société de Marie, fondée en 1816.

À 27 ans, j’ai été ordonnée prêtre à Lyon, et nommé vicaire à La Valla en Gier, ministère que j’ai exercé pendant 8 ans.

Le rencontre avec un jeune du Pilat m’a profondément marqué : j’ai trouvé un garçon de 16 ans sur le point de mourir sans savoir que Dieu l’aime ! Dans ces yeux j’ai vu des milliers d’autres jeunes des campagnes, comme lui, abandonnés, sans instruction. Alors un  cri a jailli de mon cœur : Il faut des frères ! Pour former le cœur et l’intelligence des enfants.

Dès ma première année à La Valla, j’ai donc réuni quelques jeunes gens du pays désireux de consacrer leur vie au service de Dieu en éduquant les enfants des campagnes, alors bien souvent sans école. C’était le 2 janvier 2017.

À 35 ans, voyant que Dieu bénissait mon œuvre et m’envoyait des jeunes à former, j’ai fait l’acquisition de terrains, près de Saint-Chamond, là où se trouve actuellement Notre-Dame de l’Hermitage. J’y ai fait construire, en y travaillant moi-même, un grand bâtiment qui existe encore.

Bien vite cette maison est devenue le berceau d’une vraie famille où les frères aiment se retrouver. C’est ici qu’ils se forment pour devenir catéchistes et instructeurs, au service des enfants pauvres des bourgs et des villages. Nous avons pu ainsi prendre en charge les écoles de La Valla, Vanosc, Marlhes, Tarentaise, Bourg-Argental, Saint Sauver,…Tant de curés et de maires me sollicitent que je n’ai jamais assez de frères pour fonder des écoles. Il est vrai que leur vie est austère ; mais je m’efforce de leur procurer un logement correct et une nourriture suffisante

À 50 ans, comme j’étais très malade, les frères ont élu un directeur général, le frère François Rivat qui assurera la pérennité de mon œuvre.

Epuisé par une longue maladie et les tracas que la fondation et le développement de la Congrégation des Frères Maristes avaient suscités,le 18 mai 1840  j'ai lu mon testament spirituel et j’ai remis mon âme à Dieu, le 6 juin 1840.

Vous pouvez voir quelque réflexions que je repetait souvent à mes frères. Pour cela, cliquez ici.